No one will tell us…

Depuis 2005, Rosalind Crisp développe une recherche sur la fabrication du mouvement dansé, nommée d a n s e. Dans d a n s e, la pratique chorégraphique se focalise sur le processus de génération du mouvement, rendant sensible l’attention constante du danseur à sa disponibilité de bouger (ou non) toute partie de son corps, dans toutes ses potentialités. Une partie de ce travail repose sur la pratique d’une gamme dynamique de contraintes chorégraphiques agissant sur les directions, la vitesse, les parties du corps en mouvement. Il peut s’agir par exemple de prendre conscience d’un mouvement habituel et de le détourner en redirigeant son attention sur une autre partie du corps, de regarder comment vient et évolue un geste et d’agir sur lui en changeant sa vitesse, son amplitude et sa durée. Le reste du travail nécessite une écoute permettant d’aller au-delà des contraintes et de jouer avec elles, pour que résonnent le corps-matière et l’histoire de chaque danseur.

No one will tell us… s’inscrit dans le poursuite de ce travail tout en ouvrant un nouveau territoire d’exploration: Comment la pratique de d a n s e agit-elle dans la rencontre avec l’autre? Comment la mettre en perspective ? Comment ses outils peuvent-ils servir des projets plus larges qu’elle? Quel dialogue peut-elle ouvrir avec d’autres médias ?

Pour Rosalind Crisp, le corps dansant est le sujet, le “site du discours”. Sa danse s’appuie sur des contraintes qui guident la production du mouvement. Dans sa danse, la causalité compositionnelle est imprévisible, en négociation permanente avec les contraintes en jeu. La danseuse est tenue en alerte par l’impératif constant de prendre chaque décision, successivement. Cette danse est politique en ce qu’elle conçoit le corps comme acteur, comme intelligence. Elle célèbre l’avènement du geste. C’est ainsi, par l’acte même de danser, que la matière prend vie dans une double écoute, celle du corps avec les contraintes chorégraphiques, et celle du corps avec l’espace et le public.

Hansueli Tischhauser envisage la musique avec une liberté totale. Nourri d’influences diverses, il manie tous les styles avec une présence naturellement burlesque. En écoute avec les autres performeurs, il saisit l’immédiateté d’un instant, avec un sens du jeu, du décalage et de la dérision qui n’appartient qu’à lui. Il peut fournir des matériaux divers, des propositions radicales et stimulantes, qui répondent librement à toute proposition. Ses concerts peuvent être rock n’ roll, puissants, explosifs, ou tendrement drôles, sublimes ou profondément ironiques. Performeur hors pair, il est maître dans l’art de répondre à toute situation scénique.

Andrew Morrish s’est nourri de nombreuses disciplines et univers (Al Wunder, Eddie Izzard, Tom Waites,…) pour développer, à partir de son expérience et d’une analyse approfondie, une approche de la performance très personnelle, fondée sur une écoute très fine de soi et de l’environnement scénique. Son style, à la fois tendre, et “déjanté”, voire clownesque, désarçonne sans heurter. Il aime à déconstruire les conventions du spectacle, interroger les relations au public en le stimulant, dans une adresse très directe et sans concession, mais jamais gratuite. Proche de Rosalind Crisp, il chemine parallèlement à sa pratique depuis une dizaine d’années, participant à la plupart de ses créations soit en tant que performeur, soit en tant que conseiller.

Les trois artistes se rejoignent dans leur conception de la performance : un espace-temps d’une disponibilité totale, une interactivité permanente avec une multiplicité d’éléments. Dans cette dynamique, la structure de la pièce est comme une matrice qui, à chaque représentation, génère une forme unique.

La création de No one will tell us… était l’aboutissement de plusieurs résidences à l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson, au Théâtre du Chaudron, à la Biennale nationale de danse du Val de Marne, au Centre national de la danse, à la Ménagerie de Verre (Paris), au 3 CL-Centre chorégraphique du Luxembourg, au Tanzhaus Zurich.

conception, chorégraphie et danse Rosalind Crisp

performer live Andrew Morrish

musique live Hansueli Tischhauser

œil extérieur Alban Richard

lumière et direction technique Marco Wehrspann

durée 1 heure

première le 25 mai 2010 dans le cadre du festival Transfrontalier à Luxembourg

première en France le 10 juin 2010 dans le cadre du festival JUNE EVENTS de l’Atelier de Paris–Carolyn Carlson, à la Cartoucherie, Paris

production Association Omeo Dance – Cie Rosalind Crisp

coproduction Atelier de Paris – Carolyn Carlson, CDC/Biennale de danse du Val-de-Marne dans le cadre d’un accueil studio, CDC Paris-Réseau (Atelier de Paris-Carolyn Carlson, L’étoile du nord, micadanses-ADDP, studio Le regard du Cygne-AMD XXe),

avec le soutien de la ministère de la Culture et de la Communication/Drac Ile-de-France au titre de l’aide au projet, la Ville de Paris, CulturesFrance, TROIS C-L (Luxembourg),

et la Ménagerie de Verre (Paris) dans le cadre des Studiolab, Centre national de la danse (Pantin) pour le prêt de studio et Tanzhaus Zurich.

Rosalind Crisp, artiste associée à l’Atelier de Paris, bénéficie d’une résidence de création au Théâtre du Chaudron grâce au soutien du Conseil Régional d’Ile-de-France au titre de la permanence artistique et culturelle, du CDC Paris Réseau et de la Drac Ile-de-France dans le cadre d’une résidence partagée entre la Ville de La Norville et l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson.